Ville de Sèvres - Sèvres Développement Durable

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Les TOPS commentaires

"La croisière ne s'amuse pas du tout"

 

Quitter ou gagner Sèvres par le Pont de Sèvres au moyen du 171 relève d'un pari digne des bons "t'es pas cap!" de notre enfance.
 
Temps d'attente le matin à Sèvres entre 15 et 20 minutes alors que les renseignements informatisés annoncent 2 minutes, pour voir enfin arriver un bus archi plein dans lequel monter relève non plus d'un défi mais de l'impossible. Si par chance ou par malheur on a réussi à se glisser dans le magma humain qu'on appelle "clients de la RATP", les risques ne sont pas nuls d'être victime d'étouffement, d'écrasage de pieds, de mains aux fesses et autres délices matinaux dont nous avons tous envie, dès le matin, c'est bien connu. Une fois arrivés au Pont de Sèvres et expulsés du bus 171 duquel nous sortons froissés comme après un essorage 40° de machine à laver et déjà énervés pour le reste de la journée qui ne fait que commencer, démarre une autre aventure -chacun la sienne- qui se termine toujours par un retour au Pont de Sèvres le soir aux alentours de 18H/19H où, joie sans pareil, on doit reprendre le bus 171 avec une journée de travail derrière soi. Et là bien sûr, pas de 171 souvent avant 10 minutes d'attente, voire plus, cet hiver dans un froid terrible sur le quai ouvert à tous les vents, alors que des bus 171 sont garés juste en face à attendre la dernière seconde pour arriver sur les chapeaux de roue souvent avec 3 ou 4 minutes de retard sur l'horaire affiché, celui indiqué partant en premier partant après celui, quasi vide, indiqué partant en second, c'est normal, c'est comme ça. C'est le grand moment de la montée des dizaines de voyageurs, de poussettes, de gens avec paquets, avec cadies (carrefour...) et ça pousse, et ça essaye de monter par la porte du milieu et ça n'en finit plus car le bus ne démarre pas tant que tout le monde n'est pas monté malgré la charmante voix estampillée RATP qui répète qu'il faut aller vers l'arrière afin de faciliter la montée mais que bon sang ! on s'est déjà tassé à l'arrière et qu'on ne peut, qu'on ne veut pas se tasser davantage parce qu'on en a assez de ce bus qui nous traite pire que des bêtes, qu'on est fatigué, qu'on a payé cher sa place, que le type juste à côté ne sent pas bon du tout, et je ne vous parlerai pas de celui qui depuis des années me demande si je n'ai pas la monnaie d'un euro à qui il faut répondre gentiment -le pauvre- alors que le sac à dos de celle de l'autre côté vous rentre dans le dos et que vos deux pieds sont pile sous les roues d'une des poussettes sur laquelle ont été posé, sous le bébé qui pleure, trois gros sac de courses alors qu'arrivent par dizaines de nouveaux voyageurs du métro suivant et qui veulent aussi monter alors que le bus démarre, et les téléphones portables à 3 centimètres de votre tête ou de votre cœur, non, je ne vous le dirai pas mais Ah.... Chic, le bus démarre, on est sauvé... Non, hélas, premier arrêt, La Manufacture et l'arrivée du tram de la défense, des dizaines de personnes attendent, une bonne dizaine monte à l'envers, elles poussent et derrière, on est écrabouillé, le bébé hurle, un vieux monsieur qui voulait descendre, tant pis pour lui, il ne descendra pas, allez zou ! Il ira peut-être bien jusqu'à Chaville qui sait ? Oui, les choses sont en l'état calamiteux que je viens de conter et quiconque n'a pas connu le voyage en bus 171 le matin et le soir aux heures de pointe ne peut s'imaginer combien voyager dans sa voiture, bien à l'abri, tranquille en écoutant la radio fait baver d'envie une bonne partie des voyageurs. A l'heure du trou d'ozone, du réchauffement climatique, du grenelle de l'environnement, le bus 171 représente la caricature parfaite de ce que ne doit pas être un transport en commun, une véritable incitation à ne surtout pas le prendre et une honte pour la RATP. En tant que Sèvrienne depuis... depuis si longtemps, je demande à tous les sévriens usagers du bus 171 de se manifester auprès du maire de Sèvres -qui s'est engagé dans une démarche écologique- afin qu'il intervienne auprès de la RATP pour que cesse ces conditions lamentables de déplacements entre sa ville et Paris. Bonne année à tous, solidarité et courage !
Odile Pons
 
Auteur : Luc BLANCHARD
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1 commentaire

Amandine Pion, le 16-01-2009 17:36:58 :
  Je trouve cette narration très bien vue. Non seulement le ton est enlevé mais elle pose un vrai problème que je vis aussi.
J'avais dans l'idée, mais je me trompe peut-être, que la RATP dépendait du Syndicat des transports d'Ile de France, lui-même présidé par le Président de la région. Ne serait-il pas possible d'obtenir du STIF qu'il dote la ligne aux heures de pointe de superbus ?
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